Ammy, la plateforme territoriale de lutte contre la perte d’autonomie et l’isolement

Portrait d’expert : Fabien RAMPEREZ, Pilote et fondateur de AMMY

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Occitanie

Ammy, la plateforme territoriale de lutte contre la perte d’autonomie et l’isolement

Fabien Ramperez, 42 ans, est passé par différents postes de commercial dans l’informatique et les télécoms. Il pilote depuis huit ans à Nîmes l’entreprise de l’ESS (économie sociale et solidaire) Applisev. « J’ai un parcours assez atypique. Je suis totalement autodidacte mais j’ai surtout eu la bonne idée de m’entourer de gens motivés, passionnants et passionnés ».

Cet acteur de l’économie sociale et solidaire est l’un des fondateurs de l’association GarDigital. Cette dernière a pour ambition de fédérer et animer l’ensemble des acteurs du numérique Gardois. Il est également l’un des créateurs d’une Scic (société coopérative d’intérêt collectif) qui répond au nom de World Coop Consortium tournée vers le numérique d’utilité sociale. En sont membres des laboratoires de recherche, des universitaires, des associations et des entreprises de l’ESS. Cette Scic a pour mission d’être une alternative éthique et solidaire aux outils numériques actuels en proposant des solutions gratuites accessibles au plus grand nombre, tout en respectant les données personnelles de chacun.

Installée au parc scientifique Georges Besse à Nîmes, Appliserv a vu le jour en 2010. Elle s’engage en assumant une implication sociétale forte, afin de favoriser le « bien vieillir » et plus généralement, le « mieux vivre ensemble ». Entreprise de l’ESS reconnue d’utilité sociale, elle conçoit des logiciels innovants et des plateformes pour l’accompagnement des personnes fragiles.
Ammy Générations est la première plateforme éthique de services entre générations. L’initiative a été récompensée par le Prix de l’ESS 2017 Occitanie dans la catégorie « Innovation Sociale » délivré par le réseau des Cress. Et Appliserv est l’une des rares start-up agréées par l’État comme Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale.
En interne, le management de l’entreprise se veut horizontal et agile. Les sept salariés sont polyvalents et participent aux prises de décisions. L’entreprise affiche un peu plus de 200 000 euros de produit d’exploitation.

Quel était votre objectif en créant votre start-up éditrice de logiciels, Appliserv ?

Dès le départ, en 2010, nous avions pour mission de trouver des solutions innovantes pour les acteurs de l’aide et du soin à domicile. Les cibles étaient essentiellement des associations s’occupant de personnes fragilisées, notamment de personnes âgées. Nos logiciels ont permis aux utilisateurs de bénéficier d’une gestion simplifiée de leurs fichiers adhérents.
Rapidement, nous avons mis en place une version numérique du petit cahier de liaison souvent entreposé sur la table de chevet de la personne accompagnée à domicile. Avec les acteurs associatifs et institutionnels du « bien vieillir », nous sommes allés à la rencontre de toutes ces personnes pour réfléchir à l’apport de nos solutions techniques. Au-delà du simple carnet de liaison, nous avons mieux cerné notre objectif : créer une véritable communauté numérique au service des personnes fragilisées et des aidants.

Le projet de communauté éthique et solidaire Ammy découle-t-il de cette réflexion ? D’une volonté de mieux prendre en compte les besoins d’une population de plus en plus âgée et fragilisée ?

Nous avons eu la chance, dans notre parcours, de remporter un appel d’offre lancé par la Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé Languedoc-Roussillon. Elle a retenu notre solution pour l’évaluer pendant dix-huit mois. C’était une vraie opportunité de développement pour notre communauté ouverte.
A l’issue de cette période composée de tests expérimentaux, nous avons mis en place une solution inédite s’apparentant plus à un réseau social local gratuit, sans publicité, et garant de la stricte confidentialité des données. Ammy répondait clairement à un besoin qui n’était pas encore couvert, nous l’avons donc lancé officiellement en 2016.

Vous avez ensuite lancé Ammy générations : quelle est la vocation de cette plateforme de services entre générations ?

Cette déclinaison de la plateforme renforce le lien intergénérationnel et la solidarité. Tout le monde peut y proposer des services gratuitement, pour lesquels des professionnels ne souhaitent pas intervenir, car pour eux ce n’est pas forcément intéressant sur le plan financier. Par exemple, je peux proposer dans un rayon d’un kilomètre autour de chez moi d’aider une personne à changer une ampoule ou à régler un téléviseur. Nous allons y trouver des petits boulots allant de la simple garde d’enfants jusqu’à une présence à domicile. Ammy générations répond à des besoins non couverts, là où le système n’a pas forcément de solutions adaptées aux besoins.
Les membres de la plateforme peuvent également être redirigés vers des coopératives d’activité et d’emploi ou des associations d’aide à la personne. L’éventail de solutions est vraiment large.
L’accès à Ammy générations est pour l’instant totalement gratuit. L’objectif est de dépasser les 50 000 membres. Les suivants devront ensuite payer 18 euros par an. Nous faisons le choix de fixer un faible montant de cotisation pour permettre un accès au plus grand nombre, afin de faire vivre la plateforme.

Comment la communauté Ammy va-t-elle évoluer ?

Nous allons amplifier ce mouvement, créer du lien social à travers de nouveaux outils intelligents permettant d’accompagner les personnes fragiles.
D’autres services vont s’ajouter. Par exemple, l’outil de communication Butterlink, fonctionnant actuellement sur Ammy : il permet d’échanger des messages, de monter des fils de conversation, tout en respectant les données confidentielles. Il est également éco-conçu : les messages s’effacent au choix au bout de trois ou sept jours.

Comment comptez-vous élaborer votre modèle économique ?

Nous ne sommes pas une entreprise isolée car nous nous appuyons sur un écosystème. Appliserv-Ammy est accompagnée par le premier programme régional d’accélération d’innovation sociale Alter’Venture à Montpellier et par le Bic Innov’up (incubateur de projets et incubateur d’entreprises innovantes de la CCI de Nîmes).
Nous avons aussi effectué une levée de fonds via le groupe associatif Apard, qui a investi dans notre solution. En effet, nos préoccupations se rejoignent : il s’agit du premier groupe de soins à domicile, installé à l’origine en Languedoc-Roussillon et aujourd’hui, également, en Auvergne Rhône-Alpes.
Enfin, nous avons bénéficié des fonds dédiés à l’innovation sociale en Occitanie, ils sont une aide précieuse pour créer, innover et se donner le temps de réussir.

Les collectivités ont-elles été sensibles à votre démarche sociétale ?

Nous avons été sélectionnés par le département du Gard pour accompagner toute la politique du bien vieillir sur le territoire. Actuellement, nos actions déployées dans le cadre de ce partenariat, via la conférence des financeurs du département, s’adressent aux plus de 60 ans.
Les acteurs du bien vieillir doivent s’inscrire sur la plateforme du département du Gard. Fin octobre 2018, 115 associations languedociennes sont référencées sur Ammy, où elles peuvent présenter leurs actions, annoncer leurs événements (cours de cuisine, sport adapté, conférence, exposition...). Ammy offre l’opportunité aux retraités du territoire de pouvoir identifier les activités qui les intéressent non loin de chez eux. Parallèlement, cette meilleure connaissance des besoins permet aux décideurs d’ajuster l’offre sur leurs territoires.

Quelles sont les prochaines étapes de développement ?

Nous lançons la phase de communication auprès du grand public. A ce titre, nous avons été repérés par l’agence du numérique et une start-up d’État dépendant de la direction générale de l’entreprise, qui aident les acteurs qui travaillent pour les personnes fragilisées. Grâce à ce soutien, nous allons pouvoir étendre notre action à d’autres régions. Nous commençons ainsi à travailler dans les Hauts-de-France mais aussi à Dijon, où nous participons à des groupes de travail axés sur le handicap et l’inclusion numérique des personnes âgées.

Enfin, en tant qu’exposant qu’est-ce que vous apporte le Salon Coventis ?

Le salon Coventis nous a été particulièrement utile sur trois points : l’apport d’une visibilité accrue, l’amélioration de notre réputation, la prise de contacts effectifs avec d’autres acteurs de l’ESS.
Coventis permet à notre entreprise innovante de montrer ce qu’elle peut apporter tant au niveau outils logiciels que méthodologie collaborative agile, aux associations et aux institutions.

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