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Economie Circulaire : Pourquoi ce site ?

Poursuivant sa mission d’appui à la création, au développement, et au maintien des entreprises de l’ESS, la CRESS Occitanie a lancé, en partenariat avec l’ADEME, une démarche pour structurer et soutenir le développement des entreprises de l’ESS œuvrant dans l’économie circulaire.

Economie Circulaire : De quoi parle-t-on ?

L’économie circulaire est un « système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien-être des individus. [Elle] doit viser globalement à diminuer drastiquement le gaspillage des ressources notamment mais pas seulement les matières premières et l’énergie, afin de découpler la consommation des ressources de la croissance du PIB tout en assurant la réduction des impacts environnementaux et l’augmentation du bien-être notamment en préservant ou développant l’emploi. Il s’agit de faire plus et mieux avec moins » (ADEME).

 

L’économie circulaire s’oppose au modèle classique dit d’économie linéaire : extraire > produire > consommer > jeter.

 

« La transition vers une économie circulaire appelle une consommation sobre et responsable des ressources naturelles et des matières premières primaires ainsi que, en priorité, un réemploi et une réutilisation et, à défaut, un recyclage des déchets, des matières premières secondaires et des produits. La promotion de l’écologie industrielle et de la conception écologique des produits, l’allongement de la durée du cycle de vie des produits, la prévention des déchets, des polluants et des substances toxiques, le traitement des déchets en respectant la hiérarchie des modes de traitement, la coopération entre acteurs économiques à l’échelle territoriale pertinente, le développement des valeurs d’usage et de partage et de l’information sur leurs coûts écologique, économique et social contribuent à cette nouvelle prospérité. » (Loi de Transition énergétique pour la croissance verte du 18 août 2015).

 

Il n’existe pas aujourd’hui de définition « arrêtée » de l’économie circulaire, le concept est discuté. Récemment, la Fondation Ellen MacArthur conceptualise cette notion dans ses rapports en 2012 et 2013 pour la Commission européenne. En France, elle fait l’objet de travaux, notamment au sein de l’Institut de l’Economie Circulaire, créé en 2013.

La plupart des travaux s’orientent néanmoins vers une notion de l’économie circulaire s’articulant autour de trois champs sur l’ensemble des ressources. Ces champs (et leurs sept piliers) sont modélisés dans le schéma de l’ADEME qui suit :

Quand l’Economie Circulaire est Sociale et Solidaire…

Enclines à se tourner vers des activités d’utilité sociale et soucieuses de contribuer à la préservation de l’environnement et au développement durable des territoires, les entreprises de l’ESS se sont engagées très tôt dans l’économie circulaire et plus spécifiquement dans la gestion des déchets.

« Dès les années 60, des associations et coopératives, en particulier des structures d’insertion, se sont engagées en faveur du réemploi, de la réutilisation et du recyclage de biens en fin de vie (objets, meubles, appareils électriques et électroniques). Inventives, beaucoup de ces structures de l’ESS ont diversifié leurs activités pour répondre aux besoins locaux émergents. Se distinguant des entreprises classiques, ces structures mettent leurs projets d’économie circulaire au service d’une finalité sociale (en particulier la lutte contre l’exclusion et l’accès aux biens de première nécessité) », selon l’Avise

Souvent pionnières par leur capacité d’innovation et d’adaptation face aux besoins locaux émergents, les structures d’insertion par l’activité économique ont défriché et structuré certains pans de la gestion des déchets et de l’économie circulaire alors qu’ils n’étaient pas encore considérés comme des marchés. Les savoir-faire spécifiques qu’elles ont progressivement maîtrisés, les différents efforts de formation mis en œuvre sur les postes d’agents de tri ont encouragé les collectivités locales, soucieuses d’intégrer une dimension sociale à leurs impératifs environnementaux, à les choisir comme partenaires privilégiés.

Plus récemment encore, on observe une tendance à créer des activités sous forme de SCIC, pour impliquer les collectivités au sein de l’entreprise, ou en PTCE, autour d’un projet de territoire.

L’économie sociale et solidaire et l’économie circulaire sont deux économies orientées vers un modèle de société recherchant un développement durable, proches des territoires, qui valorisent les logiques de coopération entre les acteurs, soutenant ainsi le développement économique local et favorisant le maintien ou la création d’emplois non délocalisables. L’ESS contribue ainsi largement au développement de l’économie circulaire et à la transition écologique.

 

EXEMPLES D’INITIATIVES D’ESS DANS LES DIFFÉRENTS DOMAINES D’ACTIONS DE L’ECONOMIE CIRCULAIRE 

 

L’écoconception

C’est à dire conception d’un procédé, d’un bien ou d’un service, à prendre en compte l’ensemble du cycle de vie en minimisant les impacts environnementaux, par exemple l’écoconstruction ou l’up-cycling :
L’association Bois & Cie valorise les rebuts urbains autour de la matière bois, pour favoriser son réemploi. Elle s’est appuyée sur cette activité pour développer un nouveau projet d’habitats démontables (éco)construits en bois de réemploi. Ces habitats sont à destination des personnes en situation de précarité, l’idée étant de favoriser l’accès au logement pour tous, et de faire le lien entre insertion par le logement et insertion par l’emploi, au travers de l’Atelier et Chantier d’Insertion.

L’écologie industrielle et territoriale

C’est à dire mode d’organisation interentreprises par des échanges de flux, de la coopération ou de la mutualisation :
La SCIC et projet de PTCE Organic Vallée associe une entreprises fondatrice, Cler Verts, Biovallée Lauragais, le Pays Lauragais et d’autres acteurs publics et privés du territoire, autour d’un projet de zone dédiée aux agroactivités. Il met en place une gestion durable de la matière organique, un traitement de biodéchets optimisé, dans une logique d’économie circulaire de proximité.

L’économie de la fonctionnalité

C’est à dire privilégier l’usage à la possession et tendre à vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes :
Fondé en 2008 par une soixantaine d’habitants de Toulouse, le projet Mobilib a démarré avec 11 voitures sur 6 stations. Dès son lancement, le service rejoint FranceAutopartage, le réseau coopératif des entreprises d’autopartage. En 2013, Mobilib devient Citiz, le nouveau nom du réseau national. Aujourd’hui, le service est toujours mis en œuvre pas la SCIC Mobilib, et compte 44 voitures partagées par 700 abonnés.
Autre exemple, le gobelet mutualisé de l’association Elemen’terre est 20 fois plus écologique qu’un gobelet personnalisé et 40 fois plus écologique qu’un gobelet jetable. En effet, utilisé en moyenne sur plus de 650 événements par an, sa phase d’utilisation est donc beaucoup plus active qu’un gobelet personnalisé, ce qui divise fortement les impacts du à sa fabrication et aux transports.

La consommation responsable

C’est à dire conduire l’acheteur à effectuer son choix en prenant en compte les impacts environnementaux à toutes les étapes du cycle de vie du produit – bien ou service.
Les associations d’éducation à l’environnement jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation du grand public au développement durable et la diffusion de bonnes pratiques. En Midi-Pyrénées, le réseau d’éducation à l’environnement en Midi-Pyrénées GRAINE regroupe 70 structures qui œuvrent dans le champ l’éducation à l’environnement.
En termes d’achats responsables, le recours aux circuits courts à travers les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) permet de favoriser des produits locaux et ainsi de diminuer son empreinte environnementale. La SCOP gersoise Ethicable et le réseau de distribution associatif Artisans du monde sont deux acteurs emblématiques du commerce équitable.